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Gabriel SEMASAKA

député au Parlement Rwandais. Monsieur Gabriel Semasaka, vous êtes médecin vétérinaire et député au Parlement rwandais, membre de la Commission de l'agriculture, de l'élevage et de l'environnement. Nous vous remercions chaleureusement d’accepter de répondre à ces quelques questions.

À quel cours avez-vous participé au Centre international de formation de l’OIT ? Comment avez-vous eu connaissance de ce cours et pourquoi ce thème vous a-t-il intéressé ?

Au Centre international de Formation de l’OIT, j’ai participé au cours régulier intitulé « l’agenda global de développement : outils pour une planification et une mise en œuvre sensibles au genre » qui s’est déroulé du 21 mai au 14 août 2009. J’ai particulièrement apprécié
son programme traitant des aspects de la culture du genre.


Comment ai-je pris connaissance de ce cours ? Ce fut vraiment une heureuse coïncidence. Alors que je parcourais sur Internet des informations sur le genre, je suis tombé pour la première fois sur le site du CIF-OIT au moment où l’annonce sur le déroulement de ce cours était encore affichée. J’ai immédiatement posé ma candidature en ligne. La candidature fut acceptée et la formation prise totalement en charge par le partenariat CE/Nations Unies.

Le thème m’a particulièrement intéressé parce que je venais à peine de passer sept mois dans un parlement à plus de 56% féminin et je me rendais compte aussi de l’importance accordée à l’égalité des genres pour le développement et la paix dans nos débats, nos activités et nos forums. Pour moi, c’était une occasion unique en son genre de pouvoir m’approprier cette problématique. En tant que représentant du peuple, hommes et femmes, des connaissances approfondies sur le thème de « genre et développement » allaient me mettre plus à l’aise lors de l’initiation, de l’examen, de la révision et du vote des lois relatives à la femme.


Dans quelle mesure la formation que vous avez suivie a contribué à l'amélioration de vos performances (connaissances, compétences et attitudes) ? En quoi pensez-vous que votre formation avec le CIF-OIT constitue une expérience inestimable ?

Franchement à travers cette formation, j’avoue avoir beaucoup appris sur le principe d’égalité, l’analyse du genre dans un contexte de développement, les liens existant entre les OMD  [Objectifs du Millénaire pour le Développement] et les autres déclarations universelles de promotion du genre, etc. Aussi, beaucoup de choses ont changé en moi depuis lors. Au fur et à mesure que le cours avançait en effet, j’ai vite et mieux compris combien est important le principe d’égalité des genres dans la vie d’une famille, d’une société, et même d’un pays tout entier. Mais aussi et surtout, j’ai mesuré la pertinence du choix politique du Rwanda de faire du genre une des priorités nationales transversales. Je suis maintenant engagé à appréhender la problématique du genre dans un contexte d’intégration et non plus de discrimination entre l’homme et la femme.

De façon particulière, cette formation avec le CIF-OIT est pour moi une expérience unique. J’ai apprécié les échanges d’expériences en ligne entre participants de divers continents où, sans être expert, sans complexe ni prétention, chacun a pu se ressourcer à travers ce forum  en même temps qu’il a donné du sien.


Votre institution a-t-elle bénéficié de cette formation ? Quels changements avez-vous observé ?

La Chambre des Députés a largement bénéficié de ma formation, pendant et après. C’est en effet au cours de cette formation que j’ai pris la décision de me faire inscrire comme membre partenaire du FFRP (Forum des Femmes Rwandaises Parlementaires) dont la mission principale depuis sa création en 1996 est de lutter pour l’égalité des genres et la promotion de la femme rwandaise. Ma contribution dans ce forum va au delà du simple partage de connaissances avec les autres parlementaires. Aussi, dans le cadre du programme du Forum de décembre 2009 à mars 2010 concrètement, j’ai parcouru 11 secteurs administratifs les plus enclavés des Provinces du Nord et de l’Ouest, pour sensibiliser les femmes et les leaders d’opinions en milieu rural sur les lois qui protègent la femme. Il s’agit de la loi portant sur les violences faites aux femmes, la loi portant code du travail, la loi portant sur le droit à la succession, la loi portant sur la gestion du patrimoine foncier. Aujourd’hui, suite aux efforts conjugués des uns et des autres, de grands changements se sont se sont opérés. Les femmes ne réclament plus leurs droits, elles les exercent pleinement.


Le Rwanda est un des pays les plus avancé en terme de représentation des femmes dans les instances administratives de prise de décision : 56% des députés rwandais sont des femmes. Et la Constitution rwandaise stipule que 30% des postes dans les institutions publiques doivent être occupés par des femmes. Comment expliquez-vous cette spécificité ?

Une des spécificités du Rwanda justement, c’est que la population rwandaise est majoritairement féminine à plus de 52% et 32% des ménages sont dirigés par des femmes. Le Gouvernement est convaincu qu’aucun développement durable du Rwanda n’est possible sans la participation d’une majorité conséquente de sa population. C’est fort de ce principe qu’au-delà de son adhésion aux instruments légaux internationaux de respect des droits de l’homme et de la femme aussi, des mesures spécifiques constitutionnelles et législatives sur l’égalité entre l’homme et la femme ont été prises et scrupuleusement respectées au Rwanda. Et puis même dans la vie courante ici, les femmes mènent des activités dites traditionnellement masculines jadis réservées exclusivement aux hommes comme la construction des maisons, le gardiennage des troupeaux, le service militaire, etc.

 


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